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21/09/2008

Ce 21 : 15eme Journée Mondiale de la maladie d'Alzheimer

Chantal Bauwens: "J'avais envie de la tuer"

Article de la Dernière Heure de ce 16/09/2008

Dans son livre Alzheimer, ma mère et moi, Chantal Bauwens parle vrai, sans langue de bois

BRUXELLES Alzheimer. Un nom scientifique pour désigner une maladie mentale dégénérative. Un sujet sérieux. Et, souvent, face à la multitude d'ouvrages (trop) scientifiques sur la maladie, les proches se sentent démunis. Chantal Bauwens, elle, est une cinquantenaire rayonnante. Sous son allure pétillante, elle a vécu la maladie. Le cancer de son père, l'autisme de son fils et l'Alzheimer de sa mère. Le tout au même moment. Dans ces cas-là, le black-out n'est jamais très loin. Avec une plume acerbe, terriblement drôle et émouvante, elle parle de la maladie d'Alzheimer qui a fait corps avec sa mère.

Des pensées à vif. Des envies de matricide. N'avez-vous pas peur de choquer les gens ?

"Non, je ne crois pas. L'humour et la dérision, c'est moi. Au lieu de pleurer, je préfère rire. Aux divers commentaires et messages reçus, je constate que les gens apprécient beaucoup que je parle comme ça. Beaucoup de parents et proches qui ont vécu avec une personne atteinte de cette maladie ont honte de dire qu'ils en ont marre de leur(s) parent(s). Et que, souvent, ils ont envie de les tuer. Et à certains moments, j'avais envie de tuer ma mère. J'écris ce que certains pensent tout bas. Et ils se sentent déculpabilisés du fait que je mets en mots leur ras-le-bol, leurs pensées. Le ton de mon livre est choquant, révoltant mais jamais déprimant... Je ne veux pas me vendre mais j'aurais aimé un livre de vécu, tel que le mien, pendant la maladie, j'aurais mieux compris et aurais, par moments, déculpabilisé de mes accès de révolte et de colère. Un livre sur la troisième phase de la maladie, la mort. C'est un récit qui n'est pas que triste, il est réel..."

Quels conseils donner aux familles ?

"Pousser les parents à faire des tests. Discuter aussi du futur avec les enfants et prendre des disponibilités au plus vite. Et quand la maladie est déclarée, ne pas hésiter à déléguer. Parce que la maladie gangrène la famille... On se dit qu'on doit s'occuper de nos parents. Mais on ne peut pas tout faire ! On se tue à la tâche... Or il y a des centres de jour ou des homes qui prennent en charge les malades."

Vous dites déléguer, mais les hôpitaux sont décriés dans votre livre...

"L'inhumanité des hôpitaux m'a tuée. Ils infantilisent les patients, ne prennent pas le temps de s'occuper d'eux. Et le personnel n'est pas assez formé à ces maladies..."

 



Laura Cerrada Crespo

© La Dernière Heure 2008

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